Deux secouristes en tenue de protection utilisent un tuyau d'arrosage pour lutter contre un grand incendie, des flammes vives étant visibles à l'arrière-plan, ce qui souligne à la fois leur bravoure et le besoin critique de soutien en matière de soins de santé mentale.

Aider les mains secourables : Soins de santé mentale pour les premiers intervenants

Sookyung Ahn est peintre, conseillère thérapeutique agréée et étudiante en Master of Counselling Psychology : Art Therapy à Vancouver. Elle a également reçu une formation spéciale lui permettant d'offrir une thérapie aux premiers intervenants.

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Sookyung Ahn est peintre, conseillère thérapeutique agréée et étudiante en Master of Counselling Psychology : Art Therapy à Vancouver. Elle a également reçu une formation spéciale lui permettant d'offrir une thérapie aux premiers intervenants. Ahn a suivi les deux premiers niveaux de la formation en sensibilisation professionnelle pour les professionnels de la santé en Colombie-Britannique, ajoutant ainsi à son répertoire une expertise unique en art-thérapie. Elle nous a fait part de son expérience et des raisons qui l'ont poussée à suivre la formation de premier intervenant.

Je vis dans le Downtown Eastside (DTES) de Vancouver, qui est le champ de bataille de la crise des opioïdes, et je garde un kit de Naloxone dans mon appartement, au cas où quelqu'un aurait fait une overdose dans ma ruelle. Je passe souvent devant la caserne de pompiers n° 2, située dans le DTES, lorsque je me rends sur mes lieux de stage. C'est agréable de voir les pompiers me sourire et me faire signe pendant leur temps de repos. Je les vois dans mon immeuble chaque fois que l'alarme incendie se déclenche. Je veux aider les gens comme eux qui répondent aux situations d'urgence. J'ai pensé à proposer un studio d'art ouvert où ils pourraient se détendre et exprimer leurs préoccupations tout en créant des œuvres d'art, mais je ne savais pas par où commencer.

C'est pourquoi, lorsque j'ai appris l'existence de la formation de sensibilisation professionnelle pour les professionnels de la santé, je me suis inscrite sans hésiter. Ce cours, organisé par la BC Professional Fire Fighters Association (BCPFFA), est destiné aux professionnels de la santé mentale désireux d'élargir leurs compétences en matière de traitement des premiers intervenants, notamment les pompiers, les policiers, les ambulanciers et les répartiteurs. Au cours de cette formation de deux jours, j'ai découvert la routine quotidienne des pompiers, leur culture et sous-culture professionnelles uniques, les types d'exposition aux traumatismes, leurs stratégies d'adaptation habituelles et leurs réponses inadaptées, ainsi que les initiatives de soutien par les pairs.

En participant à la formation, j'ai appris que l'initiative de la BCPFFA a été élargie pour inclure les infirmières, les aides-soignants et le personnel de l'Agence des services frontaliers du Canada. Avec la promulgation du projet de loi 211, la Loi sur le cadre fédéral pour les troubles de stress post-traumatique, le gouvernement a ouvert la voie pour relever les défis de la reconnaissance des symptômes et de la fourniture d'un diagnostic et d'un traitement en temps opportun des troubles de stress post-traumatique. Les premiers intervenants préfèrent utiliser le terme "syndrome de stress post-traumatique" pour tenter de réduire la stigmatisation associée au "trouble".

Le gouvernement de la Colombie-Britannique s'est également efforcé de réduire les obstacles auxquels se heurtent les premiers intervenants pour demander des soins de santé mentale en introduisant le règlement présomptif de l'article 55, qui reconnaît les traumatismes des premiers intervenants et supprime les obstacles à l'accès aux services. J'étais presque en état de choc lorsque le présentateur de WorkSafe BC, la commission d'indemnisation des accidents du travail, a expliqué le processus de demande long et alambiqué qui pourrait entraîner un nouveau traumatisme chez les demandeurs. J'applaudis les efforts du gouvernement pour rationaliser l'accès aux services.

J'aimerais continuer à suivre les initiatives en cours en matière de santé mentale créées par le BCPFFA, avec l'intention de réduire la stigmatisation des problèmes de santé mentale pour tous les premiers intervenants. L'une des principales initiatives est le système d'orientation ou de réseau en ligne, First Responder Health, qui peut être un outil facile et utile pour les premiers intervenants afin d'entrer en contact avec les professionnels de la santé à proximité en temps opportun. Grâce à la formation des thérapeutes à la conscience professionnelle, la BCPFFA vise à créer un réseau de cliniciens dans toute la province et continue à faire pression pour que tous les employeurs des premiers intervenants reconnaissent les conseillers cliniques agréés dans le cadre des régimes d'assurance maladie complémentaire existants. Actuellement, leur plan ne comprend que des psychiatres et des psychologues, ce qui limite la disponibilité et entraîne une longue liste d'attente.

J'ai un parent qui est pompier à Whistler et qui souffre de stress post-traumatique après avoir été confronté à de nombreux accidents de la route mortels sur l'autoroute Sea-to-Sky. Comme je suis trop proche de lui pour lui proposer une thérapie moi-même et que je ne sais pas à qui l'adresser, je n'ai pas été en mesure de l'aider. Désormais, grâce au réseau First Responder Health, je peux l'aider à contacter les professionnels situés près de chez lui. Je peux aussi maintenant aider mes voisins premiers intervenants du DTES, y compris les pompiers de la caserne no 2, puisque je fais partie de leur réseau. Un jour, je leur apporterai un gâteau aux pommes fait maison pour me présenter.

L'université Adler est pionnière en matière de programmes d'études supérieures sur la justice sociale, et nombre de nos partenaires communautaires aident les populations marginalisées du DTES. De nombreux étudiants travaillent même aux côtés des premiers intervenants. Je pense qu'il est utile et juste d'aider ceux qui aident.